Distribution de plans de caféier aux paysans

Les sœurs ont toujours le souci, dans la cadre de leurs activités, d’aider les paysans de cette région essentiellement agricole à améliorer leur revenus.

Les malgaches sont gros consommateurs de café, et il se trouve que, suite à une importante campagne de la société TAF d’achat de café dans la région, les cours grimpent de manière vertigineuse, et les paysans ont de plus en plus de mal à se payer leur café quotidien.

Avec l’aide de l’association AIDER par le Conseil et le Développement d’Angers, qui participe au financement de ces jeunes plans, pour  diminuer le coût d’achat par les paysans, une grande campagne d’information, de sensibilisation et de formation a été organisée après des paysans des villages isolés autour d’Ambato.

Ce matin, c’était tout un hameau de brousse qui venait prendre livraison de ses jeunes plans à la ferme de BELANITRA sous la conduite du chef de village qui fait le point avec sœur ESTHER sur la campagne en court.

Il annonce le nombre de plans réservé par chaque famille et la distribution commence.Chacun attend son tour patiemment et à l’appel de son nom s’approche avec sa « soubique » où il range religieusement ses plans…..

sans oublier d’émargement du cahier, ou de préparer sa « monture » .

Un sage du village a remarqué les haies d’épineux de la ferme, et demande à repartir avec quelques boutures pour protéger sa maison.

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Et déjà chacun s’équipe pour le chemin du retour: 2 heures de marche pour rentrer chez soi, sous le soleil.

et très vite replanter ces caféiers dont les trous ont déjà été soigneusement préparés et amandés, pour profiter de la fin de la saison des pluies pour favoriser la reprise.

Dans 2 ans, ils récolteront leurs premiers grains de café!!!

Ils les ferons alors sécher, puis il les torréfierons comme ici Georgette sur feu vif pendant un bon quart d’heure, ajouterons un peu de sucre en fin de cuisson, et il ne restera qu’à le passer au pilon avant de le déguster.

Un vrai régal!!!!

 

 

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Le DORET, saison 2……. ou les fromages de sœur DORETTE et de MARIE-JEANNE.

Vous amenez au bain-marie entre 5 et 15 litres de lait filtré à 45° (contrôle hélas aléatoire du dos de la main, faute de thermomètre).et vous laissez refroidir à 37°.

Vous ajoutez alors un yaourt de la veille délayé dans du lait et une dose de présure. Vous laissez reposer une heure dans un seau.

Vous découpez, alors, au couteau, ce mélange qui a épaissi genre « fromage blanc », et y ajoutez un peu d’eau tiède pour le laver en remuant bien, en le roulant entre les doigts pour bien délayer les grumeaux, puis vous écumez ce petit lait tout en continuant le rinçage à l’eau tiède, jusqu’à obtenir une pâte épaisse.

Vous salez, mélangez et remplissez alors votre « mesure » pour un fromage de 100 grammes ou 2 « mesures » pour un fromage de 200 grammes que vous enrobez dans un tulle placé dans une faisselle. Vous pressez  chaque faisselle avec un rond de bois d’eucalyptus, puis, verticalement, toutes les faisselles empilées pendant 8 minutes, pour faire sortir le petit lait qui régalera « RIRE »: c’est le nom du cochon « vasa » de la ferme car il n’est pas noir comme souvent ici !

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Vous individualisez alors chaque faisselle dans un « casier sur mesure » que vous laissez sous « presse » pendant au moins 6 heures.

Puis vous démoulez, pour obtenir ces charmants fromages frais, que vous stockerez pendant 6 jours pour laisser se former cette jolie croûte.

vous n’avez plus qu’à déguster!!!!

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LACTALIS n’a plus qu’à se méfier!!!

Distillation du géranium bourbon

L’histoire commence ici sur ces beaux champs de géranium: 4 hectares, de 2 variétés différentes, vont faire l’objet de cette première véritable campagne de distillation.

Ceux-ci sont cueillis par les ouvrières de la ferme tout en gardant le pieds mère, qui permettra si la saison des pluies dure encore un peu une seconde récolte en juillet.Ces champs sont régulièrement sarclés (en famille!!), par ces mêmes femmes, pour permettre le plein essor de la plante. Seules les tagètes, mauvaise herbe mais dont l’huile riche en cétone est recherchée, et aussi distillée à la ferme, restent à pousser avec le géranium!

Ces feuilles sont alors ramenées au batiment alambic pour être taillés, et ainsi, permettre la production de boutures afin de démultiplier les plans.Près de 25 femmes s’activent chaque jour à ces taches.

Le reste des plans peut alors être distillé. Parfois la production de la veille est étalée dans la batiment pour ne pas « cuire » et est repris alors et tassé dans le panier de l’alambic, puis pesé pour la traçabilité et le rendement (aux environs de 1/1000) et distillé pendant 1H30 à partir du premier écoulement d’hydrolat.( voir notre blog du 22 janvier 2016 sur le déroulement d’une distillation).

Sous la surveillance de sœur ESTHER, grâce au sécateurs BAHCO-PRADINES (merci ERIC!), les boutures sont minutieusement découpées, taillées, rangées,

pour être repiquées serrées dans des parcelles de multiplication (environ 1000 boutures au mètre) après avoir été trempées dans une barbotine d’un mélange eau/bouse de zébu, comme comme hormone de croissance (bio exige!!!)

 

Ces 70.000 boutures environ seront ainsi laissées en jauge environ 3 à 4 semaines suivant la pluie ou l’arrosage?, avant, si leur développement le permet d’être repiquées, avant la fin de la saison des pluies pour leur garantir une reprise optimale (toujours le problème crucial de l’eau, qui oblige à jongler avec les aléas climatiques) sur de nouveaux champs  (14.000 plans à l’hectare) et ainsi espérons le doubler la surface de géranium à distiller l’an prochain, compte tenu d’une réussite espérée de reprise d’environ 50%.

Forage :suite… et malheureusement fin provisoire: quand on passe de l’empirique au cartésien.

En désespoir de cause il est décidé de procéder à un troisième forage à proximité du premier. Comme ce nouveau forage doit être réalisé à au moins 5 mètres du précédent, quel coté choisir??? Il est décidé de faire appel à un puisatier local, un pasteur d’Ambato, malgré le scepticisme d’un des 2 responsables de l’entreprise.

Le lendemain, la foreuse se remet en position, Denesh, le foreur indien fait encore des offrandes (des fleurs du site cette fois), et sous l’œil inquiet des responsables du chantier, le forage commence avec hélas cet éternel nuage de poudre blanche de dolomite.

La poussière était telle, après que les vents aient tournés, qu’il a fallu déplacer le camion groupe/compresseur pour le mettre à l’abri des poussières de marbre. Pendant la manœuvre, en manipulant la batterie une cosse s’est cassée, l’occasion pour le chef mécano de faire des prouesses avec des vielles piles usagées!

L’association a décidé de prendre le taureau (ou plutôt le zébu) par les cornes et a diligenté une équipe de géo-hydro-physiciens pour étudier plus scientifiquement les potentialités en source d’eau pérennes sur le site .

Etudes le résistivité électrique du terrain pour déterminer  la coupe du terrain sur une épaisseur d’environ 50 mètres sur une ligne donnée.

 

Puis sur cette même ligne par une autre méthode et sur une plus grande largeur, nouvelles mesures pour extrapoler la résistivité du terrain sur de plus grandes profondeurs, par relevés de nouveaux seuils.

 

Pendant cette étude, avec l’espoir de la découverte d’un point proche et exploitables sur le site, l’équipe des foreurs est restée sur place. Chacun vaquait à ses occupations: coiffure, cuisine parfumée de Denesch, ou entretien du matériel…..

Hélas, cette étude a confirmé une très grande homogénéité du sous sol de la ferme en roche dure compactes et profondes, éliminant ainsi toute chance de trouver une fracture de terrain, synonyme de ressources pérenne en eau.Nous avons alors décidé d’élargir l’investigation aux terrains mitoyens qui de part leur formes pourraient être propice à fractures. Ce n’est qu’à plusieurs kilomètres de la ferme qu’un tel point existerait, avec la nécessité de démarches administratives longues.

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En désespoir de cause, au risque de perdre définitivement le premier forage et tout son matériel, nous avons décidé de tenter le tout pour le tout pour réhabiliter l’ancien forage en sortant la pompe coûte que coûte, ce que nous n’avions pu faire l’an dernier aux premiers signes de faiblesse du débit, en tentant de la sortir à la force du trépan, puis de vérifier la verticalité du forage.

Quelle joie de voir l’eau sortir de nouveau, même si le débit parait faible.En effet, les géo-techniciens nous ont pendant ce temps confirmé que celui-ci était implanté sur une nappe coincée entre 2 roches, et non sur une fracture et que le puisage dans cette nappe supérieur à sa ressource avait du la tarir.

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L’équipe de foreur, la mort dans l’âme, aussi déçus que nous repartent donc, et vienne nous dire au revoir à Ambato, ce qui permet à sœur Esther de rendre à Dinesch les poissons qu’elle lui avait malencontreusement dérobés.

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Seule ressource actuelle du site à part la pluie, il est cependant décidé, puisque tous les réseaux de réservoirs et d’irrigation se trouvent à proximité, après la reconstruction de la margelle, de remettre la pompe réparée et d’utiliser le débit, même faible fourni. Les enfants des gardiens nous aident à remettre la pompe et écoutent avec attention l’eau couler de nouveau dans le château d’eau.

L’avenir nous dira le débit à espérer, une partie de l’année, sur ce forage, mais cela impliquera, hélas, une redéfinition des ambitions de la ferme, tant qu’une solution de stockage d’eau de pluie, ou de forage pérenne lointain ne sera pas mis en oeuvre……..

 

Un espoir quand même, malgré le manque d’eau, essais de distillations de ravintsara……

Le système de refroidissement de l’eau de la cuve de condensation que j’avais initié l’an dernier, malgré quelques soucis de réalisation semble enfin opérationnel et devrait permettre une économie  d’eau d’au moins 75% par distillation (soit environ 500 litres!).En effet, cette eau de refroidissement circule maintenant en circuit fermé, et peut donc être récupérée d’une « cuisson » sur l’autre, après un temps de refroidissement en cuve extérieure.

Ainsi, malgré le manque d’eau, faute de forage opérationnel,  puisque la saison des pluies semble, enfin arriver avec un ou 2 mois de retard, nous pouvons récupérer l’eau de pluie pour les 150 litres d’eau « propre » nécessaire à la production de vapeur.

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Quel plaisir pour tous de voir Frédéric reprendre son ballet « initiatique » de tassement des 300 kilos de feuilles de ravintsara, pour une distillation « test », et de voir si vite l’hydrolat couler dans l’essencier, et bientôt apparaissent les premières gouttes d’huile.

Après ces journées éprouvantes pour son moral, suite aux forages infructueux, sœur ESTHER retrouve un début de sourire, car dès la fin de la semaine, nous espérons pouvoir distiller le 2 hectares de géranium qui sont largement arrivés à maturation et ainsi sauver 2 ans de travail de culture.

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Et comme elle y croit, avec courage, elle décide pour profiter de la pluie de repiquer encore un demi hectare de plan de géranium!!!!

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